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Samedi 11 février 2012
De 1988 à 1994 : le second septennat

Congrès de Rennes : 15-18 mars 1990
Pour la première fois depuis longtemps, toutes les sensibilités se présentent au suffrage des militants, alors qu'apparaissent de nouveaux courants issus de l'ancien "axe majoritaire". Neuf contributions au départ débouchent sur sept motions : motion 1 (Jospin-Mauroy-Mermaz) 28,95 % ; motion 2 (Poperen) 7,2 % ; motion 3 (Rocard) 24,2 % ; motion 4 (Mélenchon) 1,35 % ; motion 5 (Fabius) 28,84 % ; motion 6 (Lienemann) 0,6 % ; motion 7 (Chevènement) 8,5 %. L'absence de désaccord profond entre les principales motions sur la politique à mener et la conception actuelle du socialisme français met en évidence l'âpreté des enjeux de pouvoir et les tensions autour des choix de personnes. La nouvelle déclaration de principes, votée à l'unanimité, modernise dans le fond comme dans la forme la vision que les socialistes français se font du socialisme démocratique. Les modifications des statuts et du règlement intérieur (suppression du vote par mandat, scrutin secret lors du vote sur les motions) renforcent la démocratie dans le parti. Elu premier secrétaire par le comité directeur en 1988, après l'entrée de Lionel Jospin au gouvernement, Pierre Mauroy conserve son poste après une synthèse générale réalisée lors du comité directeur qui se réunit à Paris, dans la semaine qui suit le congrès.

Congrès de l'Arche : 13-15 décembre 1991
Le congrès est entièrement consacré au Projet socialiste. Il avait pour objectif d'effacer les divisions nées du congrès de Rennes en rassemblant les militants autour d'une remise à jour idéologique qui tienne compte de l'expérience du pouvoir, des mutations de la société française, des bouleversements du monde après l'effondrement du communisme et la guerre du golfe. La démarche proposée par le rapporteur, Michel Charzat, est originale et fructueuse. Après avoir auditionné des dizaines d'intellectuels, journalistes, artistes, acteurs de la "société civile"... une consultation associant militants et sympathisants débouche sur un texte qui est voté à la quasi-unanimité. Un droit d'option permet un débat très ouvert alors que des amendements alternatifs donnent l'occasion à une opposition de se compter (Jean-Pierre Chevènement : 11 %, Julien Dray et Marie-Noëlle Lienemann : 6 %). Dans les semaines qui suivent, Pierre Mauroy estimant sa mission accomplie après la réussite du congrès de l'Arche, décide de quitter la direction du parti. Il propose, au comité directeur, Laurent Fabius au poste de premier secrétaire.

Congrès de Bordeaux : 10-12 juillet 1992

Congrès ordinaire du 10 juillet

La réforme des statuts "pour le renouveau du parti", préparée par Daniel Vaillant, a fait l'objet d'un consensus entre tous les courants.

Congrès extraordinaire des 11et 12 juillet
Débat sur le programme du Parti pour les législatives de mars 1993 et sur la stratégie. Le programme fait le choix de cinq grandes priorités :
- L'emploi
- Les libertés
- La sécurité
- La solidarité
- La démocratie

et se prolonge par cinq "Repères" qui mettent en perspective des choix volontairement limités :
- La citoyenneté élargie
- L'état garant
- L'économie mixte
- L'Europe
- Le nouvel ordre international

Les débats du congrès mettent l'accent sur le partage et une nouvelle organisation du travail. Le projet est ratifié par 85,30 % des votants, alors que le texte alternatif "La belle alliance" recueille 7,26 %. Le programme est conçu comme une base de discussion susceptible de se transformer en "contrat" avec d'autres forces, notamment les écologistes. La discussion en faveur du Oui au référendum sur l'Union européenne confirme la large adhésion des socialistes français aux accords de Maastricht.

Etats généraux des socialistes : Lyon, 2, 3, 4 juillet 1993
Après la défaite électorale de mars 1993, un débat élargi réunissant militants et sympathisants s'engage. La procédure adoptée pour ces états généraux est inédite : sans contributions préalables, les socialistes s'interrogent sur le bilan de leurs gouvernements, les raisons de l'échec et l'avenir du parti. Cinq commissions rapportent l'ensemble des réflexions :
1. Parti - Identité
2. Bilan
3. Stratégie et alliances
4. Europe - international
5. Projet.

Contrairement au congrès, tous les participants qui le souhaitent peuvent s'exprimer aux états généraux (soit plus de 400 interventions). Cette parole retrouvée et partagée scelle le succès des états généraux. Le PS confirme son caractère de parti de libres débats. Une opposition des amis de Louis Mermaz et de Jean Poperen s'exprime, mais le rapport final est adopté à une large majorité : 2 665 suffrages pour, 111 refus de vote, 29 abstentions et 5 voix contre. Le succès des états généraux des socialistes jette ainsi les bases de la reconquête pour le congrès d'octobre et pour les assises de la transformation sociale.

Congrès du Bourget : 22, 23, 24 octobre 1993
Dans la continuité des états généraux, trois motions sont soumises aux militants :

La motion "Refonder" présentée par Michel Rocard et soutenue par Laurent Fabius, Lionel Jospin et Pierre Mauroy, qui proposent plusieurs options au vote des militants sur les principales orientations à définir (réduction du temps de travail, commerce international, institutions nationales et européennes, mode de scrutin). Elle obtient 87,27 % des voix. La motion B présentée par Jean Poperen obtient 11,14 % des voix. La motion C présentée par Roland Dumas et Louis Mermaz obtient 6,6% des voix. Forte réduction du temps de travail, redistribution des revenus, nouvelle donne européenne, invention d'une démocratie participative, rénovation et ouverture, ainsi se définit le projet du PS à la fin d'une année qui fut l'une des plus difficile depuis Epinay. Michel Rocard, nouveau Premier secrétaire -élu pour la première fois au scrutin majoritaire par les congressistes - obtient plus de 80 % des voix.

Congrès de Liévin : 18, 19, 20 novembre 1994
Deux motions sont soumises à la discussion et au vote des militants.

La motion , "Etre socialiste", présentée par Henri Emmanuelli, recueille 92,15 % des suffrages ;

La motion, "Agir en socialistes", présentée par de jeunes militants, recueille 7,85 % des suffrages. A l'issue du congrès, Henri Emmanuelli est élu Premier secrétaire par les délégués au congrès et obtient plus de 87 % des voix.

 
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