Congrès d'Issy-les-Moulineaux : 11-12 et 13 juillet 1969
Le nouveau Parti socialiste est définitivement constitué et Alain Savary en devient le premier secrétaire. La convention des institutions républicaines (CIR) ne participe pas à ce congrès car le nouveau Parti socialiste, tout en étant favorable à l'union de la gauche, n'est pas prêt à une discussion programmatique avec le PCF. Jean Poperen, qui avait été exclu du PSU, rejoint le nouveau PS.
Congrès d'Épinay :11-12 et 13 juin 1971
Ce congrès est celui de l'unification avec la convention des institutions républicaines. Les militants ont eu à choisir entre 17 motions et 6 restent en lice au moment du vote. Après de longues tractations, et des débats passionnés, la coalition Mauroy- Defferre-Mitterrand-CERES (51,26 % des mandats) l'emporte sur celle de Savary-Mollet-Poperen (48,73 % des mandats). Concernant l'union de la gauche, la première coalition prônait un accord avec le PCF reposant sur l'élaboration d'un programme de gouvernement ; c'était aussi un choix tactique qui devait favoriser une dynamique politique au bénéfice des socialistes. La seconde coalition posait en préalable l'instauration d'un dialogue idéologique avec le PCF. François Mitterrand devient Premier secrétaire grâce au ralliement de la gauche du parti (CERES) et à l'appui de deux puissantes fédérations : les Bouches-du-Rhône de Gaston Defferre, et le Nord de Pierre Mauroy. Le congrès mandate sa nouvelle direction pour préparer un accord de gouvernement avec le PCF. La motion finale se réfère à la stratégie d'union de la gauche, à la rupture avec le capitalisme et au front de classe des travailleurs. Epinay marque le véritable départ du PS et renoue avec la synthèse traditionnelle du socialisme français : anticapitalisme, confiance dans l'action réformatrice de l'Etat, humanisme...
Convention de Suresnes : 11 mars 1972
Le PS adopte son programme "changer la vie" qui renouvelle le projet socialiste et lui donne une dimension autogestionnaire (construction du socialisme par l'articulation entre le mouvement "d'en haut" et le mouvement "d'en bas"). Les débats sur les institutions, l'Europe, l'autogestion et le contrôle, le retrait de la France de l'OTAN... sont tranchés par le vote. n SIGNATURE DU PROGRAMME COMMUN 27 juin 1972 Le programme commun de gouvernement entre le PS et le PCF est le premier du genre signé par les deux partis depuis le congrès de Tours. Il sera contresigné par le MRG peu de temps après.
Congrès de Grenoble :22 au 24 juin 1973
La motion de François Mitterrand obtient à elle seule 65,35 % au vote indicatif (Mitterrand, Mauroy, Savary), le CERES obtenant 21,02 %, la motion Mollet 8 % et la motion Poperen 5 %. Les affrontements sont vifs mais la synthèse est réalisée. Le Premier secrétaire rallie la quasi- unanimité du parti, à l'exception des molletistes, lors du vote final : sa motion "Pour un socialisme libérateur, un parti socialiste responsable" obtient 92 % des mandats. La ligne d'Epinay est réaffirmée.
Convention extraordinaire de Bagnolet: 15 et 16 décembre 1973
Cette convention débat de la construction européenne. François Mitterrand doit mettre sa démission dans la balance pour obtenir gain de cause : le texte qu'il propose, favorable à la construction européenne, est adopté à l'unanimité.
Convention de Suresnes :23 et 24 mars 1974
Cette convention est consacrée à la réforme des statuts : création des sections d'entreprises, mode d'élection des dirigeants à la proportionnelle, institution d'un quota féminin (10 %)...
Les assises du socialisme :12 et 13 octobre 1974
Ces assises ont lieu dans la dynamique de l'élection présidentielle de mai 1974, où François Mitterrand a frôlé la victoire. Elles marquent l'ouverture du Parti socialiste à la majorité de la direction du PSU (Michel Rocard, Robert Chapuis) et à des personnalités de la CFDT (Jacques Cherèque, Pierre Héritier) ainsi qu'à la "troisième composante" (vie nouvelle, GAM, Objectif socialiste...). Après le congrès d'Epinay, ces assises achèvent, pour l'essentiel, l'unification de la famille socialiste.
Le congrès de Pau :31 janvier - 12 février 1975
Le PS se dit prêt à appliquer seul le programme commun, dans le cas d'une rupture de l'union de la gauche à l'initiative du PCF. Le CERES (25 % des mandats) entre dans la minorité. La majorité se regroupe ainsi : François Mitterrand, Gaston Defferre, Pierre Mauroy, Michel Rocard, Jean Poperen, Alain Savary. La minorité est dirigée par Jean-Pierre Chevènement et les animateurs du CERES. Il y a donc rupture de la coalition d'Epinay. Le "courant des assises" (rocardiens) se compte à l'aide de "l'amendement Martinet" mais il fait le choix de l'intégration dans la majorité. Le comité directeur (CD) compte désormais 130 membres. Sont également créés des postes de délégués nationaux pour seconder les secrétaires nationaux.
Convention nationale sur l'autogestion :3 et 4 mai 1975
Les 15 thèses pour l'autogestion, élaborées au sein d'une commission de travail, sont adoptées à l'unanimité par la convention. La convention ne reprend pas l'amendement additionnel (16e thèse) présenté par le CERES sur "l'initiative autonome des masses". Ces 15 thèses tournent autour de l'articulation du "mouvement d'en haut" et du "mouvement d'en bas".
Congrès extraordinaire de Dijon :14 et 15 mai 1976
Ce congrès extraordinaire a pour objet les relations PS/PCF dans la perspective des élections municipales de mars 1977. Il prévoit le principe de l'union de la gauche, sauf dans quelques situations particulières en cas d'exigences excessives du PCF. Il y a donc un rejet des alliances de "troisième force", encore en vigueur dans 2/3 des villes lors des élections municipales de 1971.
Congrès de Nantes :17 et 18 juin 1977
Celui-ci voit une discussion sur les modalités de l'exercice du pouvoir (débat lancé par Michel Rocard sur les "deux cultures" qui traversent la gauche française, les rapports plan / marché, l'autogestion). La majorité sort renforcée sur la ligne de la réaffirmation de l'union de la gauche. La motion Mitterrand obtient plus de 75 % des voix. Le CERES reste dans la minorité sur la base d'orientations radicales : rupture avec le capitalisme "en 100 jours", nationalisations étendues, hausse importante du SMIC...
Congrès de Metz :6-8 avril 1979
L'enjeu de ce congrès est double : le choix du candidat à la prochaine élection présidentielle et la ligne politique. Parmi les points de débats : la conception de l'alliance avec les communistes après la rupture de 1977 (Pierre Mauroy et Michel Rocard défendent une démarche plus autonome pour le Parti socialiste), l'évaluation du rôle du marché et des mécanismes de régulation économique, le degré de rupture avec l'ordre économique. Lors du vote final au congrès, la motion Mitterrand obtient 46,99 %, la motion Rocard 21,26 %, la motion Mauroy, 16,01 %, le CERES 14,4 %. Une première synthèse est réalisée au congrès entre les motions Mitterrand et Defferre qui atteignent presque la majorité absolue ; le CERES rejoint la synthèse après le congrès pour former avec Mitterrand la majorité du parti. Les courants Rocard et Mauroy constituent désormais la minorité.
Convention nationale d'Alfortville :12-13 janvier 1980
Adoption du "projet socialiste" pour les années 80. Divisé en trois parties - comprendre, vouloir, agir - le Projet socialiste doit orienter l'action des socialistes pour les années 80. Rupture avec le capitalisme et stratégie d'union de la gauche, volonté de s'affranchir de la logique du marché et des contraintes extérieures, affirmation de la souveraineté nationale face au processus d'intégration européenne et à la puissance américaine, le texte soumis aux militants est marqué par le volontarisme politique et économique. Tous les dirigeants s'y rallient à l'exception de Jacques Delors ; il réunit 96 % des suffrages.