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Samedi 11 février 2012
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Rachat par une société sud-coréenne des Chantiers de l'Atlantique - Aker Yards

En achetant 39,2 % du capital d'Aker Yards, la société sud-coréenne devient l'actionnaire le plus important du groupe norvégien de vue de l'emploi ; ils le sont également du point de construction navale dans lequel il détient maintenant une minorité de contrôle.

Ce rachat donne au chantier naval coréen l'accès à la construction des navires de croisière dont il était dépourvu et ce au moment où les carnets de commande sont pleins. La logique financière a pris une fois de plus le pas sur la logique industrielle, et certains ont fait des bénéfices conséquents au passage.

La nouvelle situation fait peser des incertitudes sur notre bassin d'emploi. STX Shipbuilding est un groupe industriel mais les changements répétés ne stabilisent pas la filière navale. Confronté à la difficulté de recruter de la main d'oeuvre qualifiée pour faire face à un plan de charge important, Aker Yards n'avait pas besoin de ce changement d'orientation. L'industrie ne peut pas fonctionner par à coups et sans vision à long terme.

Il revient à STX Shipbuilding de dire très rapidement les intentions qui l'animent et d'expliquer la politique industrielle qu'il entend mettre en place. Il est impératif que toutes les incertitudes soient levées au plus tôt, notamment sur le sens de ce qu'il appelle "les options ouvertes concernant sa participation stratégique".

Les enjeux de ce rachat sont importants du point de vue de l'emploi ; ils le sont également du point de vue de la stratégie industrielle et militaire à l'heure où était évoquée la possibilité de construction d'un second porte-avion en coopération avec l'Angleterre.

La question de la politique industrielle de la France est posée une fois de plus. A chaque soubresaut qu'elle a connu, L'Etat n'a jamais construit une perspective d'avenir à notre industrie sur le long terme. Rester silencieux une fois encore serait une faute du Gouvernement. Il sera de la responsa­bilité du Président de la République d'inscrire la question de la politique industrielle de l'Europe à l'agenda de sa présidence de l'Union européenne en juin 2008.

Marie-Odile BOUILLÉ, Députée de Loire-Atlantique

     
 
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