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GOSS Nantes
- GOSS Nantes fabriquait jusqu'à présent des rotatives destinées à l impression de journaux à travers le monde.
Le travail de chacun de nous au sein de l'entreprise à la direction des ventes, au bureau d'étude, dans les ateliers, avec les sous traitants, au service installation contribuait à l'ouverture industrielle française. L'entreprise et le monde de l'imprimerie participaient à toute une aventure vécue par des générations entre matière grise, vie sociale, tradition, culture, modernisme et amour du travail. Le produit que nous fabriquions était de haute technologie pour le plus bel objectif du monde : l'expression et la liberté. Chaque jour nous aimions notre travail pour quelques fois le porter au-delà du raisonnable, en travaillant plus, en nous déplaçant très loin pour montrer à nos clients jusqu'au petit matin la technologie dont nous étions fiers. Un plan social va bientôt être mis en place. L'aventure nantaise va certainement s'arrêter dans les prochains mois. Collectivement, nous ne pouvons amèrement et avec colère que constater un immense gâchis au nom de préoccupations financières et de lâchetés politiques de droite et de gauche. Comment comprendre la fermeture d'une usine continuellement bénéficiaire et qui avait les années passées contribué à l'expansion collective de Goss International ? Même si localement nous avons été bien soutenus et par Jean Marc Ayrault et par Michel Menard et son équipe que dire de l'extrême timidité de la majorité et de l'Etat ? Force est de constater que désormais la marge de manoeuvre du politique est faible pour mener une politique offensive de sauvegarde d'emplois. C'est hélas la conséquence de compromis, de dérégulations ainsi qu'une complaisance coupable sur le libre échange qui met dans le même panier des pays socialement élevés et d'autres qui asservissent hommes, femmes, enfants. La crise du système financier n'a que fragilisé des entreprises internationales comme la nôtre, embarquées depuis longtemps dans la spirale des prix les plus bas, et n'ayant plus de marges de manoeuvre financières pour résister lorsque la tempête se lève. Le capitalisme financier fait uniquement de ventes et de reventes, a donné le coup de grâce car adoubé depuis des années par la plupart de nos décideurs politiques qui ont abdiqué devant tout projet de développement de l'industrie européenne. Les femmes et les hommes, qui se sont levé tôt, qui ont travaillé plus etqui vont se retrouver au chômage dans quelques mois ne souhaitent désormais que défensivement s'en tirer le mieux par des indemnités les plus respectables possibles au regard de toute cette histoire. Ce témoignage n'est pas optimiste, j'en conviens. Il se veut simplement réaliste, un vécu, du concret, un symbole aussi du renoncement de nos dirigeants sur la place de l'homme dans nos sociétés. Le résultat final dans quelques mois ou l'année prochaine sera un site industriel quasiment vide, la fin d'un projet culturel, une vie sociale agitée pour des familles qui tenteront de survivre ou quitteront la région. N'est ce pas notre rôle à nous socialistes de penser à eux avant de penser à nous et rechercher enfin d'autres idées afin que tout ce gâchis humain puisse être évité ? N'est ce pas notre rôle d'être autre chose qu'un pansement sur les méfaits libéraux comme depuis des années ? A quand enfin un projet offensif et radical vers une nouvelle utopie du possible ? |