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Samedi 11 février 2012
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Journée nationale agricole : 10 novembre 2007 à Nantes
"Pour une politique agricole de gauche"

Une journée nationale agricole s'est tenue à Nantes en novembre. Une trentaine de militants y a participé, surtout originaire de l'Ouest. Stéphane Le Foll, député européen, était présent. Suite à cette journée, il a été prévu d'envoyer un message aux quatre présidents des Conseils régionaux du grand Ouest.

La salle de la fédération du PS 44 a accueilli des militants socialistes agricoles venus pour la plupart du grand Ouest. La matinée fut consacrée à la PAC (politique agricole commune). Karine Daniel a présenté un travail qu'elle a réalisé avec Vincent Chatelier de l'INRA de Nantes, sur le thème « l'OMC*, la PAC et les quotas laitiers ». La vidéo projection a présenté de nombreux chiffres et graphiques avec des informations intéressantes comme la moyenne des aides publiques directes par exploitation en France : elle est de 27300 €, bien mal réparties car liées à des références historiques. Un débat s'en est suivi. François Colson de l'INRA, a rappelé « les propositions de la Commission européenne comme le plafonnement des aides agricoles avec un dégrèvement selon le niveau des aides (...) Il faut sauver la PAC. La présidence française de l'Union européenne à partir de juillet 2008 apportera-t-elle un mieux ? (...) Enfin, n'oublions pas que le PS avait en décembre 2006 formulé des propositions sur l'agriculture comme le fait d'être solidaire des PVD* tout en défendant une souveraineté alimentaire dans nos pays ».

Jean-Yves Geoffroy d'Ille-et-Vilaine, a fait part d'un calcul intéressant qu'il a fait récemment : « En 1983, mon blé était vendu 123 frs le quintal soit à peine 19€ et il fallait 56 heures de SMIC pour faire une tonne de blé. En 2006, il ne fallait que 18 heures de SMIC. Cette année avec la hausse du prix du blé, il faut 25 heures de SMIC et la tonne de blé est vendue 212€, elle devrait être à 472€ pour être au niveau de 1983... »

Dominique Michenot, agriculteur à Treillières en Loire-Atlantique a dénoncé « une course à la terre avec les DPU*, on est en pleine dérive libérale ». Henri Baron a souligné « l'importance de la place de l'homme pour produire en agriculture et la nécessité d'offrir une perspective aux jeunes agriculteurs qui s'installent ».

Désertification rurale

L'exemple a alors été donné de la Charente où le coût total moyen d'une installation agricole est estimé à 4500 € à l'hectare ! Ce coût étant un frein à l'installation, il amène une désertification rurale. En Loire-Atlantique, ce coût est moindre et il y a 30% d'installation hors cadre familial. C'est aussi cela le bon résultat de 30 ans de politique agricole de gauche à la Chambre d'agriculture 44, malheureusement perdue en début d'année lors des dernières élections. Frédéric Leveillé, responsable national du PS à l'agriculture et aux territoires ruraux, s'est alors exprimé pour rappeler « qu'il y a des agricultures avec plusieurs modèles possibles. Même chose avec les déclinaisons nationales de la PAC et des DPU : la France, avec ses références historiques, a choisi de pérenniser les inégalités. L'Allemagne et d'autres pays européens ont fait un choix plus juste. Mais la FNSEA* a pesé de tout son poids pour cette option favorisant les grosses exploitations. Il faut un plafonnement des DPU, ce qui permettra une meilleure répartition des aides. (...) Sarkozy est dans une logique libérale où l'on fait confiance au marché avec à terme une suppression des aides. Pour les socialiste, l'agriculture, c'est d'abord des hommes et des femmes vivant et travaillant sur un territoire ».

Joseph Caillaud, ancien secrétaire fédéral à l'agriculture en Loire-Atlantique, a évoqué « les rôles multiples de l'agriculture sur les plans alimentaire, social, environnemental et économique. Le PS a un projet agricole alternatif qui vient d'être dessiné dans notre débat mais l'on doit, pour être crédible dans une société de plus en plus égoïste, nous interroger sur la réalisation concrète de notre projet. Avec qui pouvons-nous le mener ? Avec quelles alliances politiques ? Nous ne passerons pas à côté de ces questions qui conditionnent la réussite d'une politique agricole de gauche ».

François Colson a jugé pertinentes les interrogations de Joseph Caillaud et a tenté d'y apporter des réponses comme « l'organisation collective des filières agricoles et des aides publiques plus justes qui entrent dans le cadre d'une vraie contractualisation avec les agriculteurs ».

« Le contrat à la place du contrôle »

Stéphane Le Foll, député européen, a alors conclu la matinée par une intervention générale dans laquelle il a rappelé « que la population mondiale augmente : il faudra donc que la production agricole suive. Il y aura des besoins, c'est sûr. Il faut réfléchir à un modèle de développement agricole qui concilie production et environnement. (...) Que propose le PS ? Une meilleure répartition des aides agricoles avec leur régionalisation et un nouveau contrat que l'on pourrait appeler contrat de viabilité de l'exploitation qui articulerait production et environnement, viabilité économique et écologique. Le PSE* a signé un texte en ce sens. Pour résumer, je dirai le contrat à la place du contrôle (...) L'aide à l'agriculture doit servir l'emploi et n'oublions pas que l'agriculture génère de nombreux emplois indirects dans l'agroalimentaire, les coopératives etc. »

L'après-midi a été consacré au thème de l'agriculture et environnement avec un débat sur les cultures OGM*. Joseph Racapé, membre du MARS*, est intervenu sur le Grenelle de l'environnement en soulignant l'un des objectifs qui y a été affiché de « 20% de l'agriculture française en biologique en 2020 ». On est aujourd'hui à 2%... Le Grenelle n'a pas favorisé les biocarburants. Le principe pollueur payeur a été réaffirmé et la transparence souhaitée, y compris sur le nucléaire. Le 15 décembre, six comités de pilotage présenteront officiellement les conclusions du Grenelle, et une loi devrait être votée au début de 2008. Comme toujours, il faudra trouver des compromis. L'idée d'une caisse de péréquation sur les prix agricoles a été évoquée par Joseph Racapé sur le modèle de ce qui se fit avec le cochon il y a 40 ans. Stéphane Le Foll a exprimé sur le Grenelle la position d ‘attente du PS en souhaitant qu'une « offensive soit lancée à partir des Régions pour ne pas laisser le champ libre à Sarkozy ». Sur les OGM, il s'est prononcé « contre leur utilisation financière et pour un moratoire sans être contre la recherche au service de l'intérêt général ».

Jean-Claude Lebossé, ancien conseiller de François Mitterrand sur les questions agricoles, a insisté sur le fait de « ne pas être les otages des Verts sur l'écologie comme sur le social on ne doit pas l'être de l'extrême gauche. Nous devons développer une pensée socialiste sur ces deux points. Le bio n'est pas financièrement accessible à tout le monde. (...) Mais il y a un élément rassurant, c'est que la production agricole n'est pas délocalisable ». L'avis général sur les OGM a été d'être prudent en terme de conséquences environnementales et humaines, sans être pour autant contre la recherche publique. Plus largement, le voeu a été émis que la Commission nationale agricole du PS travaille avec la Commission environnement.

Un message aux quatre présidents des Conseils régionaux de l'Ouest

En fin d'après-midi, François Colson a fait une synthèse des débats dans laquelle il a rappelé que « les OGM ont des enjeux économiques et sociaux, nous devons avoir une position claire à ce sujet. L'élargissement de l'Europe a fragilisé la PAC. Les aides découplées génèrent moins de distorsions à l'international mais davantage au niveau local à cause des injustes références historiques. Nous devons défendre un modèle agricole riche en emplois. (...) Suite à notre débat, on peut dégager six pistes de travail : les modèles agricoles, l'organisation collective des filières (biologique etc), la transmission des exploitations et l'installation des jeunes, la gestion collective du foncier, la PAC et la légitimité des aides publiques, propositions à affirmer : exiger une mutualisation régionale et un plafonnement des aides. Suite à notre journée, on peut envoyer un message aux quatre présidents des Conseils régionaux du grand Ouest. Ce message comporte trois points : 1-Evolution de la PAC dans les mois à venir avec des aides régionalisées. 2- Une politique cohérente de ces quatre Conseils régionaux avec notamment un soutien fort à l'agriculture biologique et un respect de l'environnement. 3-Des réponses sur la gestion du foncier agricole ».

En conclusion, Dominique Tremblay, conseiller régional, a souhaité que l'on avance tous ensemble sur ces questions. Il s'est engagé à transmettre ces propositions aux Régions et à les formuler également en vue du prochain Congrès national du PS en 2008.

François CAILLAUD

Sigles :

OMC : Organisation mondiale du commerce

PVD : Pays en voie de développement

DPU : Droits à paiement unique

FNSEA : Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles

PSE : Parti socialiste européen

OGM : Organisme génétiquement modifié

MARS : Mouvement agricole et rural solidaire

 
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