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Europe / International |
Les liens qui unissent la France et le Japon sont nombreux et croissants. L'engouement de la jeunesse pour la culture japonaise est perceptible en Europe, dans le monde. L'attrait des milieux artistiques pour le Japon est réel, le rayonnement culturel du Japon contribue largement au fait que son influence dépasse aujourd'hui sa seule puissance économique. Pourtant, le tsunami et surtout l'accident nucléaire de Fukushima dont nous ne mesurons pas les conséquences aujourd'hui ont marqué les relations du Japon avec le monde. Tout d'abord, cette catastrophe a logiquement généré un large mouvement de solidarité, nationale et internationale. Ensuite, Fukushima a placé la question du nucléaire, de sa sureté et de sa pérennité au coeur des débats politiques, notamment en Europe. Les ressortissants étrangers ont largement quitté le Japon. Mais au-delà de ces questions comment vivent concrètement les japonais après Fukushima ? En arrivant à Tokyo le 11 juin 2011 j'ai trouvé une ville au ralenti. Le vol Paris-Tokyo est loin d'être complet, l'aéroport international de Narita est quasi désert, deux kilomètres de taxis attendent patiemment les clients devant la gare centrale. Les magasins ferment plus tôt, les lumières s'éteignent plus vite, Tokyo doit économiser 15 % de l'électricité consommée habituellement. Les collègues, amis japonais, évoquent rapidement la catastrophe. Tous ont fortement ressenti le tremblement de terre, se sont inquiétés rapidement pour leurs proches difficiles à joindre, ont été déstabilisés par les pénuries de vivres dans cette agglomération de plus de 35 millions d'habitants. Aujourd'hui ils suivent avec inquiétude l'évolution de la situation de la centrale en restant malgré tout relativement confiants et remercient l'Europe et la France pour l'aide apportée notamment auprès des équipes de la centrale. Rapidement, ils souhaitent parler d'autre chose, de l'avenir, des projets qui restent à construire. Trois mois après la catastrophe, le Japon doit maitriser l'accident nucléaire, gérer une crise économique accentuée par les évènements récents, se reconstruire. Les liens qui unissent les Japonais au monde contribueront chacun à leur échelle à cette reconstruction. Il existe une nécessité urgente d'entrevoir de nouvelles perspectives. Cette équation est difficile à résoudre lorsqu'il existe une telle asymétrie de traitement de l'information entre le Japon, et dans le reste du monde. Karine Daniel, Secrétaire fédérale Europe et International |