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Europe / International |
L'Europe, on continue !
Les 27 Etats de l'Union vont se prononcer en 2008 sur le traité de Lisbonne qui doit rejeter la « constitution rejetée, entre autres, par les Français et les Néerlandais. La nouvelle boîte à outils est-elle "un grand pas pour l'Europe", "une embrouille", "une avancée modeste" ? Un peu, beaucoup de tout cela. D'abord ce n'est pas un traité simplifié, même s'il ne comporte que 7 articles, ses 300 pages contiennent plus de 350 dispositions de droit, 13 protocoles particuliers et 59 déclarations, celles-ci ayant la prétention d'expliquer comment les légistes ont repris l'essentiel du traité constitutionnel, sauf les éléments chiffons rouges qui risquaient d'effrayer plus d'un égoïsme national. On garde quoi ? Une présidence du Conseil européen stable, élue pour 30 mois ; des pouvoirs accrus pour le Parlement européen, il fera la loi, votera tous les budgets, élira le Président de la Commission. Ainsi, comme n'importe quel exécutif d'un Etat démocratique, la Commission sera de la même tendance politique que la majorité du Parlement. A cela s'ajoute que le traité de Lisbonne renonce à se prévaloir de l'idée de constitution, la plupart de ses choix pourront être remis en cause par une majorité qualifiée, plus rien n'est gravé dans le marbre ! Si l'Europe n'est pas encore en mesure d'assurer une harmonie sociale et fiscale, elle disposera au moins d'outils qui lui permettront, si elle le veut, de pouvoir le faire, la place de l'euro est enfin reconnue par l'Union économique et monétaire, cet outil il faudra s'en servir. On ne regrettera pas non plus la place éminente donnée à la Charte des droits fondamentaux, dont les syndicats de salariés ont annoncé qu'ils sauraient s'en servir dans leurs luttes contre les inégalités. La Cour de justice européenne leur a, plusieurs fois, déjà donné raison. Ce traité n'est ni un mini-traité, ce qui ne veut rien dire, ni une avancée particulièrement significative pour la construction de l'Europe. C'est un outil, seulement un outil dont il faut d'ores et déjà se servir pour préparer les élections européennes de 2009. Les socialistes européens, la gauche européenne, celle du oui ou celle du non, ont juste le temps de dire quelle sera leur Europe, celle de la solidarité, de la justice, de l'équité sociale et de la paix. Pour tout cela il est nécessaire que le parlement français, à défaut d'un référendum populaire que pour des raisons de morale politique j'aurai souhaité, accepte ce traité de Lisbonne Jacques FLOCH PS : un petit cocorico, tous les travaux préparatoires du traité de Lisbonne se sont effectués en français, la langue du droit européen. |