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Dimanche 05 septembre 2010
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S'opposer et proposer

Une nouvelle année politique s'ouvre. Depuis 5 mois, Sarkozy occupe la scène médiatique de façon omniprésente. On a presque oublié le nom de l'occupant de Matignon et les membres du gouvernement ressemblent aux représentants anonymes d'intérêts particuliers. Comment s'appelle le ministre des finances ? Le ministre de la défense ? Ou celui de l'agriculture ? J'ai beau chercher, je sèche... Triste spectacle en réalité que ce pouvoir réduit à un seul homme qui ne fait pas mystère de sa dépendance à l'égard des pouvoirs financier et médiatique.

Sarkozy a beau déclarer dans la presse qu'il veut « une croissance à 3% », tous les indicateurs tablent plutôt sur 1,8%... Ce voeu pieu ferait presque sourire mais c'est le président de la République qui parle et cela devient pitoyable. Sans oublier les surprenants propos de son 1er collaborateur sur la faillite de la France. A-t-il oublié que la droite gouverne la France depuis plus de 5 ans ? Cette faillite est aussi leur bilan ! Beaucoup de mensonges et de démagogie qui finiront par apparaître pour ce qu'ils sont : une politique néolibérale dure, à l'image des Bush et Berlusconi.

Quand les Français découvriront qu'ils ne sont pas tous devenus propriétaires avec un emploi comme l'avait promis Sarkozy, leur colère sera grande. Comment s'exprimera-t-elle ? Par des mouvements sociaux ? Probablement. Par un rejet de la politique et le retour à une extrême droite forte ? Rien n'est écrit. Beaucoup dépendra de nous, de la gauche, de notre capacité à montrer aux Français que nous portons une autre vision de la France et que nous sommes capables de nous opposer à la politique de destruction sociale de la droite.

Saurons-nous relever ce défi ? C'est l'enjeu des mois et années à venir. Cela implique de revoir nos comportements par trop personnels comme nos règles de fonctionnement pour que l'intérêt commun soit notre ligne de conduite. Nous devrons aussi tirer les leçons de la défaite à la présidentielle qui puise ses sources loin en arrière. A ce propos, la responsabilité est collective. Chacun doit en assumer sa part. Nous n'avons pas su trancher un certain nombre de questions, si bien que notre programme est apparu peu clair et sans grandes propositions concrètes. Aussi, pour avoir une chance de revenir nationalement au pouvoir, nous devrons faire preuve d'un courage intellectuel qui n'a rien à voir avec le reniement de nos valeurs.

Un exemple : les régimes spéciaux de retraite. La droite veut les supprimer, rien d'étonnant à cela. A ce propos, le parti socialiste peut avoir un autre discours, celui de la concertation avec les partenaires sociaux pour construire, dans un esprit d'équité, une réforme des retraites prenant en compte l'évolution de la pénibilité de certains métiers, ou la revalorisation des petites retraites.

Voilà des pistes de travail pour la gauche d'aujourd'hui : celle qui réforme sans tabou mais avec toujours le souci de l'équité et du progrès social au service des plus modestes. C'est, je crois, le chemin à emprunter pour reconquérir la confiance des Français et leur prouver que l'on peut concilier réforme et justice sociale.

Alain GRALEPOIS
1er secrétaire fédéral

     
     
 
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