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Samedi 11 février 2012
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Le temps des contre-réformes

Le gouvernement de Nicolas Sarkozy s'inscrit dans le droit fil de la vieille droite : autoritaire et sourd au dialogue. Sa devise pourrait être : "Je décide, les Français exécutent" . Il pourrait même y ajouter : "Je décide seul..." Seulement, pour être efficace, une réforme doit améliorer une situation pour le plus grand nombre et s'inscrire dans un projet solidaire. Elle doit aussi être discutée et négociée avant d'être votée. Nos gouvernants font l'inverse !

En septembre, les syndicats de la fonction publique concernée par les régimes spéciaux de retraite avaient demandé une négociation. Elle a été refusée par le gouvernement. Celui-ci avait visiblement envie d'en découdre. Après 9 jours de grève face à la détermination des cheminots, la discussion s'est finalement engagée mais au même moment le président déclarait qu'il irait "au bout de ses réformes" . Dans ces conditions, nous ne voyons pas très bien ce que le gouvernement propose à la discussion. Car ce n'est pas la fin des régimes spéciaux, qui réglera le problème du financement des retraites. Celle-ci économiserait autour de 300 millions d'euros par an, par contre cet été, le bouclier fiscal a coûté 15 milliards d'euros, dont la moitié pour les plus riches. Cherchez l'erreur....

Cela dit, nous ne sommes pas contre certaines évolutions parfois nécessaires. Mais il y a une manière de faire : Si une réforme des retraites est nécessaire, ce que personne ne conteste, il faut aborder cette question globalement en mettant tout sur la table : régimes spéciaux, et pas seulement ceux des fonctionnaires, la pénibilité du travail justifiant un départ anticipé pour certaines professions, et sans oublier la revalorisation des petites retraites. A partir de là, et en dialoguant, une réforme juste et utile serait possible. Même raisonnement pour la carte judiciaire qui, 50 ans après sa création, doit sans doute être réformée. Mais là aussi, il faut écouter les élus et les professionnels de la justice et avoir une discussion plutôt que le passage en force. Enfin, ce gouvernement est en passe de se couper de la jeunesse. Aux étudiants inquiets d'une réforme que l'on veut leur imposer comme aux jeunes des banlieues qui désespèrent, il envoie les CRS. Sur la retraite, la justice ou la jeunesse, on retrouve tous les méfaits de la méthode Sarkozy ou la force se substitue à l'écoute.

Six mois après sa victoire, déstabilisé, et en baisse dans les sondages, critiqué même parmi les siens, l'hôte de l'Elysée revendique pour conduire ses réformes la légitimité du vote des Français, que personne ne remet en cause. Est-ce une raison pour opposer avec brutalité les Français les uns contre les autres ? Le prochain rendez-vous sera les municipales, peut-être un 1er avertissement si la gauche sait se rassembler, parler ensemble et porter un projet d'espoir. Car les mesurettes sur le pouvoir d'achat risquent de ne pas changer grand-chose car trop éloignées des promesses de campagne. Les Français découvrent un président très médiatique et obsédé par sa stratégie de communication. Ils préféreraient sans doute un responsable soucieux de la cohésion sociale et du pouvoir d'achat. Tôt ou tard, il faudra bien rendre des comptes, et ce jour-là, le gouvernement ne pourra plus accuser les jeunes des banlieues, les immigrés ou les fonctionnaires...

Alain GRALEPOIS

Premier Secrétaire fédéral

     
 
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