Encore une fois, une foule de militants se sont retrouvés à la fête de la rose de Préfailles le 13 septembre. Et comme souvent, le soleil était de la partie. Le matin fut consacré aux tables rondes avec trois ateliers : les politiques économiques pour l'emploi, l'avenir du système éducatif et enfin l'écologie sociale et solidaire(cliquer sur l'intitulé pour accéder au compte rendu). Ils ont fait salle comble. Le déjeuner s'est tenu en plein air dans une ambiance musicale. De nombreux élus étaient présents.
L'après-midi a débuté par une prise de parole de syndicalistes de l'entreprise GOSS de Nantes, dont les dirigeants prévoient d'importants licenciements alors qu'elle n'est pas en situation de faillite loin de là. Les représentants syndicaux ont exprimé leur colère et leur détermination à se battre encore pour sauver leur emploi. Ils ont dénoncé la logique du profit au détriment des salariés et de leur famille. Une table ronde a eu lieu le mardi 15 septembre à Paris avec les représentants de l'Etat et du gouvernement à laquelle Jean-Marc Ayrault a participé aux côtés des syndicalistes de GOSS. Il suit ce dossier de près avec le député Michel Ménard et ils font tout pour sauver la situation. Le député-maire de Nantes estime que cette affaire illustre la dérive d'un système financier mondial devenu fou.
Alain Gralepois s'est ensuite exprimé pour rappeler deux rendez-vous : d'abord la nécessité de répondre à la droite et à sa politique de contre-réformes sur l'emploi et les services publics. Le 2 octobre aura lieu à ce propos une action nationale contre la privatisation de la Poste. Le 2ème rendez-vous souligné par le 1er secrétaire fédéral concerne les élections régionales où les Français auront l'occasion de rejeter localement la politique nationale de la droite. Enfin, il a rappelé l'importance de la rénovation lancée par Martine Aubry avec le référendum du 1er octobre.
Pierre Lebeau, responsable du MJS 44, a dans son propos, soutenu l'importance des jeunes socialistes qui apporteront leur pierre à la rénovation : « nous sommes un mouvement de jeunesse ancré à gauche et porteur d'un idéal de progrès et de justice ».
Héritiers de Jaurès
Jean-Marc Ayrault a alors pris la parole et a d'abord excusé Patrick Mareschal retenu à un mariage dans sa famille. Le député-maire de Nantes a lancé pour les élections régionales un appel à l'union avec les Verts et les autres partis de gauche dès le 1er tour. Il a ensuite évoqué l'Université d'été de la Rochelle « où il s'est passé quelque chose. Martine Aubry a lancé un signe fort pour la rénovation et il faut la suivre sur ce terrain. L'union n'est pas l'uniformité et n'empêche pas le débat sur des questions de fond. On célèbre actuellement le 150ème anniversaire de la naissance de Jean Jaurès. Nous sommes ses héritiers : le monde a changé mais les valeurs sont les mêmes ! La gauche, les socialistes veulent favoriser l'épanouissement des individus, la lutte contre la pauvreté et la solidarité. C'est notre idéal et il n'a pas changé ! Avec la crise actuelle, il y a tant à faire en ce sens. C'est pourquoi nous proposons la suppression des stock options et des bonus. Mais nous n'attendons rien de Sarkozy en matière de justice fiscale ! »
A propos de la taxe carbone, il a souligné que les socialistes agissent déjà dans leurs collectivités sur l'environnement. Il a donné sa vision des choses : « Le plan de la droite est simple : on supprime la taxe professionnelle et on crée la taxe carbone. On transfert les charges des entreprises sur les ménages alors que la justice serait de redistribuer les richesses (...) L'opposition existe, le PS est bien là quoi que l'on dise et pour 2012, il faudra un rassemblement de la gauche pour gagner ! »
Benoît Hamon, l'invité du jour, s'est alors exprimé. Il a insisté sur la nécessité pour le PS de se rassembler comme Jaurès l'a fait en 1905 en créant la SFIO. « La crise du capitalisme d'aujourd'hui appelle des réponses du PS mais le problème est que le PS est désuni. Pourtant à la Rochelle, on a enfin donné une image d'union avec un projet de rénovation qui nous concerne tous. Le conseil national du 12 septembre a préparé un questionnaire qui sera soumis aux militants le 1er octobre. Il concerne plusieurs sujets : voulez-vous des primaires pour la présidentielle ? Élargies à toute la gauche ? Êtes-vous pour le non cumul des mandats en nombre et dans le temps ? Il faudra aussi fixer de nouvelles règles pour que la démocratie interne au PS soit irréprochable. »
Que pense-t-il de la taxe carbone ? « C'est un nouvel impôt ni écologique, ni juste. La taxe ne concernera pas les grosses entreprises car elles sont déjà soumises à une obligation en matière d'environnement. Par ailleurs, la consommation d'électricité est exclue de la taxe carbone ce qui va favoriser la production des centrales thermiques. Enfin, la redistribution de la taxe sous forme de baisse ou de crédits d'impôts sera partielle et de nombreux Français seront perdants face au surenchérissement du coût du carburant. »
Petit détail : les 112 € de crédit d'impôt seront versés aux Français 15 jours avant le 1er tour des régionales...
Au niveau économique et en lien avec le dossier GOSS, Benoît Hamon a souligné une proposition des socialistes : donner la possibilité aux comités d'entreprise et aux représentants du personnel de mettre sous tutelle leur entreprise qui licencie alors qu'elle gagne de l'argent. « On sent une colère qui monte chez beaucoup de Français qui ont un sentiment d'injustice devant la politique de la droite si douce avec les riches. »
Les médias sous surveillance
Il a terminé son propos en rappelant la mise en ordre des médias en France à partir de deux exemples. La visite de Sarkozy montée de toutes pièces dans une entreprise jusqu'au choix de la taille physique des personnes rencontrées... C'est une télévision belge qui a sorti l'information. Le 2ème exemple concerne le dérapage verbal de Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur, à propos d'un militant UMP d'origine maghrébine. « C'est honteux et il devrait démissionner ». Les images tournées par la chaîne télé Public Sénat ont été d'abord bloquées par la direction. Il a fallu le courage d'un journaliste, qui les a envoyées au site internet du monde, pour que l'affaire sorte.
« Face une telle mainmise du pouvoir sur les médias, la gauche doit être rassemblées pour gagner. La 1ère étape, ce sont des primaires ouvertes à toute la gauche à la présidentielle pour éviter la balkanisation du PS que l'on connaît depuis trois ans et les primaires internes. Ces primaires ouvertes seront mobilisatrices et désigneront un(e) candidat(e) porté par un courant populaire, ce qui facilitera ensuite la constitution d'un contrat de gouvernement commun avec les autres partis de gauche. C'est notre seule chance de gagner : la division de la gauche, c'est la défaite assurée alors rassemblons nous et nous serons irrésistibles en 2012 ! »