En effet, ce sont 75 000 personnes qui ont défilé à Nantes, 18 000 à Saint-Nazaire, 4 000 à Ancenis et 1 000 à Châteaubriant : une affluence exceptionnelle, plus forte que celle du 29 janvier, qui montre l'exaspération des salariés du privé et du public. Toute la gauche était présente : du NPA au PC et des Verts au PS. En tête du cortège, les syndicats martelaient des slogans contre un gouvernement sourd à leurs revendications.
La crise sévit chaque jour : des milliards sont débloqués pour les banques et les grosses entreprises avec des effets minimes et rien pour le pouvoir d'achat des salariés. D'où la colère qui gronde dans la rue. Les socialistes étaient hier au coeur de ce mouvement social pour dénoncer l'absence de considération et d'écoute du gouvernement et de Sarkozy.
Peut-être ces millions de personnes dans la rue hier vont-elles enfin les pousser à instaurer un vrai dialogue social. On ne peut pas gouverner durablement un pays de 63 millions d'habitants à coups de réformes butoirs principalement décidées dans le bureau élyséen.
Certains journalistes comparent Sarkozy au Bonaparte 1er consul : ils ont en effet le même goût du pouvoir absolu, le même mépris des Assemblées, la même fascination pour l'argent et le même manque de considération pour le peuple de France. La seule différence, mais elle est de taille, c'est que deux siècles les séparent et qu'entre temps la France a beaucoup évolué...
Plus que jamais peut-être, notre pays a donc besoin d'une opposition forte pour proposer une alternative politique. Qui d'autre que le PS peut la structurer ? C'est l'enjeu des trois prochaines années et c'est une responsabilité majeure, c'est notre responsabilité.