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Le PS de 1997 à 2006

Le divorce avec le pays n'a jamais eu lieu quoiqu'en disent certains. Malgré l'usure du pouvoir et l'échec de 93, les Français en 1995 avaient porté la gauche avec Lionel Jospin en tête au premier tour de l'élection présidentielle. Cette « remontée » est confirmée en 1997 lorsque Jacques Chirac, conseillé alors par un certain Dominique de Villepin, décide de dissoudre l'Assemblée nationale.

Les socialistes, au sein de la gauche plurielle, emmenés par Lionel Jospin parviennent à battre la droite et à former un gouvernement qui va durer cinq ans.
Lionel Jospin, Premier ministre permet pour la première fois à des Verts d'exercer des fonctions ministérielles.

La croissance économique au rendez-vous est stimulée et renforcée par une politique de gauche qui tranche avec 4 ans de conservatisme rigide et deux millions d'emplois sont ainsi créés. Le chômage recule. Les 35 heures, les emplois jeunes, la couverture maladie universelle, la police de proximité, le vote du PACS, la loi sur la parité, le passage réussi à l'euro, l'allocation personnalisée d'autonomie, autant de mesures qui réconcilient les Français avec l'idée qu'une politique de gauche peut changer le cours des choses et « que l'on tient bien ce que l'on dit ».

Mais, la dégradation de la situation intérieure avec notamment la montée de l'insécurité, de la violence exploitée par la droite, une période de « pré campagne » « particulièrement dure et angoissante » entre le « 11 septembre », « AZF » ou l'assassinat d'élus à Nanterre, puis pendant la campagne la multiplication des candidats, quelques erreurs stratégiques sur fond de montée des revendications sectorielles conduisirent à la défaite de Lionel Jospin, candidat du Parti socialiste, dès le premier tour de l'élection présidentielle.
Les Socialistes, comme le reste des Français doivent choisir entre leur adversaire et leur ennemi. Entre Chirac et Le Pen. Ils feront leur devoir de démocrates

Les socialistes sont traumatisés par cette crise. Disqualifiés au premier tour comme en 1969 alors qu'ils ont changé la France comme jamais depuis 1981.
Entre 2002 et 2003, les socialistes tirent donc le bilan de leur action au gouvernement tout en jouant leur rôle d'opposition. Lors du congrès de Dijon qui se tient en 2003, l'orientation de François Hollande est soutenue par les militants, face aux courant « Nouveau monde » d'Henri Emmanuelli, Jean-Luc Mélenchon et Alain Vidalies et « Nouveau Parti socialiste » d'Arnaud Montebourg et Vincent Peillon.

Les socialistes parviennent à convaincre qu'ils sont une alternative crédible en remportant une victoire historique au printemps 2004 lors des élections régionales et cantonales puis lors des élections européennes. La quasi-totalité des 26 régions de France et la moitié des départements élisent un ou une président(e) socialiste. 31 eurodéputés socialistes représentent désormais la France au Parlement européen et constitueront la première force du groupe socialiste.

Cette année 2005 verra le PS célébrer à plusieurs reprises son « centenaire » et s'engager dans des auditions et réflexions avec la « société civile » en prévision de notre projet.

A l'automne de la même année, le PS se lance dans une innovation démocratique qui sera observée dans l'ensemble du pays. Un débat militant de deux mois sur le Traité constitutionnel européen qui doit être adopté bientôt par référendum dans le pays. Le 1er décembre les militants socialistes votent à 58 % pour que le PS fasse campagne en faveur du « oui ». Cette orientation, ce vote éminemment démocratique sont cependant « bafoués » par certains responsables, c'est une « première dans l'histoire de notre parti centenaire » qui provoque une crise.
Ce choix politique du PS n'est pas suivi par une majorité de Français qui, le 29 mai 2005, rejettent le traité constitutionnel.

Du référendum du 29 mai 2005 à fin 2006

Au lendemain de la victoire du non au referendum du 29 mai 2005 (ratification du traité constitutionnel européen), le Premier Secrétaire convoque un congrès anticipé pour la mi-novembre, au Mans (Sarthe). Plusieurs motions sont en concurrence, principalement la motion de la direction sortante, celle du Nouveau Parti Socialiste qui met en avant la rénovation du parti (Arnaud Montebourg et Vincent Peillon rejoints par l'ancien Premier secrétaire Henri Emmanuelli) et la motion de Laurent Fabius, ancien numéro 2 du parti qui a dû quitter le Secrétariat national en raison de la campagne qu'il a menée pour le « non » au referendum, contrairement au vote des adhérents, et qui se classe désormais à la gauche du parti.

Comme à Dijon, la motion du Premier secrétaire conserve une nette majorité (près de 54% des suffrages). La motion de NPS progresse (avec près de 24%) et celle de Laurent Fabius dépasse les 21%. Dans une climat politique marqué par les émeutes en banlieue, les socialistes choisissent de se retrouver sur une motion de synthèse. Le congrès décide que l'investiture du candidat à l'élection présidentielle se tiendra en novembre 2006. Le courant NPS s'étant divisé en commission des résolutions sur le choix de la synthèse, Arnaud Montebourg quitte le courant qu'il avait contribué à fonder et lance un nouveau courant : « Rénover maintenant ». François Hollande est désigné à nouveau comme Premier secrétaire.

Le projet socialiste est adopté le 22 juin par 85% des suffrages exprimés et ratifié le 30 juin par une Convention nationale. Il engagera les candidats du parti aux élections législatives et devrait inspirer largement le programme du candidat ou de la candidate à l'élection présidentielle. Une campagne d'adhésion s'appuyant sur la possibilité donnée aux nouveaux adhérents de voter le projet et surtout de participer au choix du candidat à l'élection présidentielle permet au parti à doubler ses effectifs, modifiant sa sociologie : baisse de l'âge moyen, féminisation plus grande, plus grand nombre de militants ayant un niveau d'études élevé, de salariés du secteur privé et de militants syndicaux et associatifs.

Dans une déclaration émouvante devant l'Université d'été du MJS, Lionel Jospin s'explique longuement sur son retrait de la vie politique le 21 avril 2002 mais renonce finalement à se porter candidat à l'élection présidentielle, fin septembre. Trois candidats se présentent au vote des militants : l'ancien Premier ministre et ministre des Finances, Laurent Fabius, l'ancien ministre des Finances Dominique Strauss-Kahn et la seule femme présidente d'un Conseil régional, Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes. Pour la première fois en France, un parti politique organise un débat entre ses candidats à la candidature. Le débat entre les présidentiables socialistes intéresse l'opinion, bien au delà du seul PS. Ségolène Royal l'emporte très largement dès le premier tour avec plus de 60% des voix devant Dominique Strauss-Kahn (plus de 20%) et Laurent Fabius (18%).

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