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Atelier : le Socialisme dans l'Ouest, 50 années de lutte

Cet atelier a porté sur le thème « le socialisme dans l'Ouest : une gauche d'avance »,

Animé par Alain Gralepois, Premier secrétaire fédéral, avec comme participants François Prigent, chercheur en histoire politique, Goulven Boudic, maître de conférence en sciences politiques à l'université de Nantes et Bernard Poignant, député européen.

Atelier " Les socialistes dans l'Ouest" Atelier " Les socialistes dans l'Ouest" Avant le débat dans une salle comble, chaque invité s'est exprimé à la tribune. François Prigent a rappelé que « les réseaux socialistes furent faibles jusqu'en 1945. A partir des années 50, une lente mutation sociologique favorise la montée de la gauche dans l'Ouest. La déchristianisation s'opère, les villes se développent, la promotion sociale fonctionne modifiant les anciennes hiérarchies autrefois immuables (...) Ainsi, les Côtes d'Armor passent à gauche en 1976, les municipales de 1977 sont un succès pour la gauche avec notamment les basculements de Nantes et Rennes. En 1998, le Finistère tombe et en 2004, l'Ille-et-Vilaine et la Loire-Atlantique. La progression de la gauche, et du PS en particulier est donc impressionnante en 30 ans. Pourtant, on vit sans doute la fin d'un cycle, celui d'Epinay ouvert en 1971 avec en autre la question du renouvellement des militants dont l'âge moyen est élevé ».

Goulven Boudic est ensuite intervenu sur ce qu'il appelle le modèle socialiste breton. D'abord pour dire que la gauche dans le grand ouest est « issue de la rencontre entre la 1ère et la 2ème gauche. » Ici, l'esprit laïc n'est pas incompatible avec le militantisme progressiste chrétien. C'est sans doute une singularité de l'ouest fruit de l'histoire d'une région où des mouvements comme la JAC (jeunesse agricole chrétienne) ou la JOC (jeunesse ouvrière chrétienne) luttèrent pour un christianisme d'ouverture et de progrès social. Jean-Marc Ayrault est à ce propos issu du MRJC (mouvement rural de la jeunesse chrétienne), héritier de la JAC dans les années 60. La thèse de Goulven Boudic est que « l'industrialisation tardive de la Bretagne est devenue plus tard une chance car cette région a moins souffert de la désindustrialisation des années 70/80. Dans l'ouest, l'électorat de gauche est donc resté fidèle au PS contrairement à des régions comme le Nord qui a donné cette année de très bons scores à Sarkozy. Ainsi, aujourd'hui, les bastions traditionnels de la gauche sont en passe d'être dépassés par de nouvelles terres ancrées à gauche comme l'ouest français ». Pour preuve, le questeur du groupe socialiste à l'Assemblée nationale est Marylise Lebranchu, députée du Finistère, alors que depuis toujours ce poste revenait traditionnellement à un élu du Nord ou du Pas-de-Calais.

« L'ouest est le creuset du christianisme social, de la République démocratique et de l'humanisme laïc »

Bernard Poignant est alors intervenu pour rappeler que « la gauche fait de bons score en Bretagne : 58% au second tour de la présidentielle. L'ouest est le creuset du christianisme social, de la République démocratique et de l'humanisme laïc. Les électeurs ne sont plus effrayés par le communisme, la querelle scolaire est apaisée et l'électorat s'est libéré de l'emprise religieuse traditionnelle. Enfin, à partir des années 70, la rencontre entre le mouvement régional breton et le mouvement social a été bénéfique à la gauche. Tous ces éléments constituent les explications des progrès de la gauche dans l'ouest français ».

Le débat qui a suivi a souligné le rôle joué par le syndicalisme breton dans la progression du socialisme : le taux de syndicalisation y étant 4 fois plus important que dans le reste de la France. Ainsi que la présence de nombreuses coopératives, de mutuelles, d'associations et l'importance de l'entraide dans le milieu agricole avec les CUMA, les GAEC etc. Bernard Poignant a souligné également que l'ouest fut précurseur sur les intercommunalités. Il a aussi rappelé ce que lui disait Georges Garrot. L'ancien député européen mayennais évoquait la culture de la soumission en milieu rural encore présente récemment. Soumission aux notables et à la tradition y compris religieuse. C'est dur d'être de gauche dans des coins comme ceux-là !

Goulven Boudic a posé au cours du débat la question du renouvellement des élus : « la génération de 1977 est encore là », et de la doctrine du PS : « dans quelle société vit-on ? Quel monde voulons-nous construire ? On n'a pas de réponses là-dessus. Même interrogation sur les quartiers populaires que l'on n'intègre pas, que l'on n'écoute pas. Le communautarisme dans les banlieues doit être abordé sereinement et sans tabous ».

En conclusion, si la gauche se porte bien dans l'ouest, il y a encore à faire pour assurer le renouvellement des générations et des idées. Pour vivre, Le socialisme doit toujours être tourné vers l'avenir !

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